3. Quel est le problème ?

 

 

Les études d’évaluation de la toxicité des OGM reposent principalement sur une approche comparative avec leur alternative naturelle la plus proche : évaluer, par exemple, l’impact d’une alimentation à base de maïs OGM sur un groupe de rats, par rapport à un autre groupe nourri au maïs non-OGM. En effet, l’introduction d’un nouveau gène dans une plante comestible peut avoir un impact direct sur la santé, la nouvelle protéine introduite pouvant avoir un effet allergène par exemple1.

 

Les risques associés à la création d'OGM

Plusieurs types de risques sont associés à la création d’OGM et expliquent pourquoi les ceux-ci ne sont pas des plantes comme les autres :

 

  • Les méthodes d’insertion de l’ADN permettant la création des OGM présentent un caractère mutagène et peuvent entraîner des modifications inattendues dans le patrimoine héréditaire de la plante.

 

  • Des gènes importants pour la plante peuvent même être rompus par l’insertion de l’ADN étranger. Pourquoi ? L’ADN est généralement compacté dans les cellules car tous les gènes n’ont pas besoin d’être utilisés en même temps. En d’autres termes, les parties actives, importantes, des chromosomes ont tendance à être ouvertes alors que les parties inactives sont fermées. Lors de la création d’un OGM, l’ADN va s’insérer uniquement dans les parties ouvertes. En conséquence, l’ADN étranger s’insère donc presque à chaque fois dans les parties importantes du génome entraînant avec lui des perturbations2.

 

  • L’insertion d’un gène étranger résulte le plus souvent en un bouleversement du métabolisme de la plante. La plante concentre son énergie à produire/tolérer un pesticide, elle s’engage donc moins dans la production de composés “secondaires” qui ont le plus souvent des effets positifs pour la santé (les antioxydants par exemple). La plante se révèle donc plus fragile et résiste moins aux aléas climatiques par exemple.

 

 

La santé des agriculteurs

La majorité des OGM étant modifiés pour améliorer leur résistance à l’utilisation de pesticides, la santé des agriculteurs et des riverains soumis aux pulvérisations est donc très préoccupante. Le glyphosate, composant actif du Roundup, le principal pesticide associé aux OGM, a été classé “probablement cancérogène” par l’agence internationale du cancer de l’OMS3. Des agriculteurs ayant utilisé le Roundup ont en effet développé plus de lymphomes (cancers du sang) que ceux n’y étant pas exposés4.

 

Même si l’introduction des OGM tolérants au Roundup a permis de réduire l’utilisation de pesticides très toxiques comme l’atrazine aux Etats-Unis dans les premières années de culture, l’apparition de résistances a incité les compagnies semencières à produire des OGM tolérants et produisant plusieurs pesticides en même temps. Les suivants annoncés : le 2,4-D et le dicamba, auxquels les agriculteurs seront exposés dans les prochaines années. Les risques ? On ne les connaît pas car les études de toxicité des pesticides n’ont pas encore été réalisées.

 

La santé des consommateurs

Elle est aussi en danger ! Les résidus des pesticides contenus dans les OGM se retrouvent dans la chaîne alimentaire et certaines études ont montré que les cultures transgéniques étaient contaminées par des niveaux de pesticides que même Monsanto considère comme “extrêmes”.

 

La contamination des semences et la coexistence des cultures 

La plupart des OGM ne sont pas stériles, il peut donc y avoir facilement contamination entre deux cultures proches. En effet, la dissémination du pollen se fait par le vent ou par des insectes pollinisateurs, ce qui ne permet pas le contrôle de la pollinisation. Un produit étiqueté sans OGM ne pourra pas dépasser le seuil de contrôle, qui est de 0,1% mais la contamination, même si elle est souvent faible, reste fréquente.

Une solution pourrait être de rendre les OGM stériles : il ne pourrait plus y avoir de dissémination et la contamination serait beaucoup moins importante. Une technologie a été développée, il existe des plantes “Terminator” qui sont stériles, et cela est réversible grâce à des agents chimiques. Cette technologie n’a pas été testée en champ et elle n’est pas autorisée à l’heure actuelle car elle est très discutée : on parle de semences-zombies. De plus, cette technologie obligerait les paysans à racheter des semences chaque année ou bien à acheter l’agent chimique pour rendre leurs graines fertiles5.

 


 

 

Kuiper and al., The plant journal, 2001.

2 Plant Gene Silencing

http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(15)70134-8/fulltext

http://www.thelancet.com/journals/lanonc/article/PIIS1470-2045(15)70134-8/abstract

http://www.globalresearch.ca/genetically-engineered-terminator-seeds-dea...

 

 

Photo : Unsplash

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