Cobayes Squad #7 - Dans la douche de Marion Seclin

En exclusivité mondiale, découvre l’intérieur de la douche de Marion Seclin, avec des cobayes dedans. Et Marion Seclin, aussi.

 

 

Un grand merci à Marion Seclin
https://www.youtube.com/user/ElleMady

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https://www.youtube.com/user/appeljeu...

Écrit et réalisé par Léo Blandino
Avec Sarah Grosjean et Jean-Baptiste Pigneur
Image et montage : Simon Clavié et Mélanie Fernandes
Son : Léo Belda
Musique : Distoche

 

Un immense merci aux associations Réseau Environnement Santé (RES) et Women Engage for a Common Future (WECF) pour leurs conseils avisés sur cet épisode !

 

     

 

Merci aussi à nos partenaires pour leur soutien sans qui la websérie n'aurait pas vue le jour :  la Fondation Léa Nature Jardin Bio, ainsi que European Environment and Health Initiative (EEHI)

 

 

 Bravo et merci à My Boobs Buddy et Dans Ma Culotte qui développent des solutions bonnes pour nous et pour la planète !

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN

 

LES PARABÈNeS

 

Un parabène est un conservateur (antimicrobien et antifongique) utilisés pour la conservation de produits cosmétiques tels que : autobronzants, déodorants, produits d’hygiène buccodentaire, produits capillaires, produits de soin pour bébé, maquillage, soins pour la peau, produits de rasage et épilatoire, vernis à ongles, gels hydroalcooliques. On retrouve des parabènes dans plus de 80 % des produits cosmétiques.

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM), a identifié une liste de 400 médicaments contenant des parabènes, malheureusement cette liste n’est pas accessible au grand public. Dommage !

 

 

QUELS SONT LES RISQUES

 

On vous met un extrait du site de médecins cancer-environnement.fr, parce qu’ils en parlent très bien !

 

“ Les parabènes sont suspectés de perturber le système endocrinien en mimant les propriétés de certaines hormones, notamment par l’activation des récepteurs aux œstrogènes, d’où l’interrogation de leurs effets sur la fertilité et le risque de cancers hormono-dépendants (cancer du sein).

Des études réalisées chez l'animal (rongeurs) ont rapporté des effets sur l'appareil reproducteur mâle et femelle, sur la production et la qualité des spermatozoïdes et quelquefois sur la fertilité. En 2011, une étude réalisée chez l’homme ne montrait pas d’association entre les concentrations de parabènes urinaires et les taux d’hormones ou la qualité du sperme. Cependant cette étude présente de nombreuses limites : la variabilité intra-individuelle de l'exposition, une taille d'échantillon faible (Meeker, 2011).

Les études épidémiologiques disponibles à ce jour sont encore trop peu nombreuses pour permettre de conclure sur l'impact des parabènes sur la santé chez l'homme.

 

Les parabènes sont également suspectés être un facteur prédicteur de l’obésité chez l’enfant. En septembre 2014, une étude coordonnée par l'Université de Grenoble et l'équipe d'épidémiologie environnementale de l'Inserm, a suivi 520 couples mère-fils français, pendant la grossesse et jusqu’aux 3 ans de l’enfant de la cohorte EDEN, (Philippat et al. 2014) ; cette étude a montré que 95 % des femmes avait été exposées à des parabènes et du triclosan (biocide utilisé dans certains savons, dentifrices…) au cours de la grossesse. Il a été observé que les concentrations urinaires de parabènes (méthylparabènes, propylparabène, butylparabène, éthylparabène) chez la femme enceinte étaient associées à un poids plus élevé à la naissance et aux 3 ans de l’enfant.

 

D’autres études ont montré qu’une prise de poids rapide dans les premières années de vie pourrait être associée à un risque d'obésité plus important plus tard dans la vie. L'exposition prénatale aux parabènes pourrait alors se traduire par une probabilité plus forte d'être en surpoids à l'âge adulte. Néanmoins, ces résultats doivent être confirmés par d’autres études épidémiologiques.

 

Effet toxique reconnus par l’ANSM : le risque d’allergies cutanées

Le seul effet toxique sur la santé humaine lié à une exposition aux parabènes et reconnu par l’ANSM (2011) est le risque d’allergies cutanées lors d’application locale ou d’allergies suite à une ingestion (phénomène rare). ”

 

 

COMMENT LES EVITER ?

 

Très simplement, en commençant par choisir des produits étiquetés « Sans parabens ». Leurs noms sur une liste INCI :

BUTYL PARABEN, ETHYL PARABEN, METHYL PARABEN, PROPYL PARABEN.

 

Attention : « Sans parabens » ne signifie pas pour autant qu’il n’y ait pas d’autres conservateurs potentiellement toxiques ou dans la formule tels que le phénoxyethanol ou irritants comme le méthylisothiazolinone (MIT). À chaque fois que l’on retire un ingrédient à la mauvaise réputation, demandons-nous par quoi il est remplacé !

 

Lubrifiants et préservatifs

Tu t’es déjà demandé ce qu’il y avait dans les préservatifs ? Et dans les lubrifiants ? Nous oui. Du coup on a regardé sur l’emballage : rien. Et oui, la réelle composition chimique des lubrifiants et préservatifs est inconnue de tous.

 

Les marques n’ont pas obligation de communiquer la composition détaillée de leurs produits. Le produit est pourtant considéré comme un dispositif médical et relève donc de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Interrogée par lelanceur.fr, celle-ci précise que les préservatifs sont soumis à différentes normes de sécurité, mais qu’en revanche, “il n’existe pas de liste de substances réglementées dans la réglementation des dispositifs médicaux. Tout repose sur la responsabilité du fabricant d’évaluer ces éléments”.

 

Les fabricants, eux, invoquent le “ Secret industriel ”. C’est quoi le secret industriel ? Et bien, il n’en existe pas de réelle définition. Dans l’une de ses définitions, ce secret couvrirait le « secret des procédés », le « secret des informations économiques et financières », et le « secret des stratégies commerciales » (CADA, avis et conseils, Notion-clé concernant le secret en matière commerciale et industrielle (visible grâce au site http://www.cada.fr/les-documents-couverts-par-le-secret-en-matiere,6069....)).

 

Du fait de ce large champ d’application, de nombreuses informations sont susceptibles d’être concernées par cette définition. Il est donc très difficile pour le demandeur d’une information environnementale d’identifier ce qui relève de ce secret et ce qui n’en relève pas. Et donc difficile voir impossible d’obtenir la composition des préservatifs et lubrifiants.

 

Les tampons

Et dans les tampons, est-ce qu’il y a “juste” du coton ?

Surprise, là aussi c’est l’opacité de la part des fabricants. Mélanie Doerflinger, une étudiante française, a décidé de ne pas se laisser faire et a lancé une pétition sur la plateforme Change.org. pour que Tampax donne la composition exacte de ses tampons. C’était il y a 2 ans, et Tampax a annoncé en janvier 2017 qu’ils rendraient ça publique au printemps 2017. Nous sommes présentement le 7 avril. Bon.

 

Alors en attendant, des études indépendantes ont quand même cherché à savoir ce qu’on pouvait trouver dedans. C’est le cas d’une étude de l’université de La Plata en Argentine, qui a analysé des tampons et serviettes argentins, et a retrouvé du glyphosate dans 85% d'entre eux. Logique : le coton est une plante, cultivée avec des pesticides en agriculture conventionnelle. Le glyphosate étant le composant principal du pesticide le plus utilisé au monde, Le RoundUp, on en retrouve dans les tampons et les serviettes.

On y trouve aussi du parfum, dans ces protections qui sentent “bon”, ce qui peut cacher des arômes artificiels (additifs), de l’alcool (dans les muqueuses…), et puis cette couleur bleue dans les serviettes, on en parle ? Et la colle qui relie la ficelle au tampon ?

Bref, tu l’as compris, on nage encore dans une grosse zone de flou. Dommage pour notre intimité. Voilà pourquoi chez Générations Cobayes, on défend le principe de précaution.

 

Principe de précaution

Il a pour but de prévenir les risques encore inconnus ou incertains. Il entre en jeu en cas d’incertitude scientifique, c’est-à-dire lorsque les études sont insuffisantes ou trop controversées pour démontrer l’existence d’un risque. Du genre “allons-nous autoriser cet OGM de mûre sauvage pour la consommation humaine sans le tester ?

 

Il s’agit de prendre des mesures de protection sévères à titre de précaution plutôt que de ne rien faire en attendant que se révèlent les dommages compte tenue de l’irréversibilité de certaines atteintes à l’environnement ou à la santé. L’idée est donc (normalement) de ne pas autoriser l’OGM de mûre sauvage.

 

Bien sûr, toi-même-tu-sais, si on attend les industriels et les autorités compétentes pour prendre les choses en main, on peut encore attendre un petit moment.

 

Alors n’attends pas pour prendre soin de ta santé ! Commence par te renseigner (si tu lis ceci, c’est bon signe) : on te partage plein d’infos sur ce site, et ceux des associations partenaires de la websérie. Ensuite, choisis UNE chose, toute petite, que tu vas pouvoir changer facilement chez toi : acheter des tampons avec un label bio, remplacer ton shampoing par un shampoing bio. Ça sera un petit pas pour l’humanité, mais un grand pas pour toi <3 Et puis parles en autour de toi, à tes proches, pour qu’eux aussi prennent soin d’eux !

Chez Générations Cobayes, on est déjà 60 000 à vouloir prendre soin de notre santé. Plus rien ne nous arrêtera :)

 


 

SOURCES

 

http://ec.europa.eu/health/scientific_committees/docs/citizens_parabens_fr.pdf

http://www.lelanceur.fr/preservatifs-les-fabricants-jouent-lopacite/

http://www.cancer-environnement.fr/420-Parabenes.ce.aspx

http://www.juristes-environnement.com/article_detail.php?id=1373

http://www.greencondom.club/francais/

http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/10/29/01008-20151029ARTFIG00002-85-des-tampons-et-serviettes-hygieniques-contiendraient-du-glyphosate.php

http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/sante-une-etude-scientifique-denonce-la-presence-de-pesticides-dans-les-tampons-28-10-2015-5226011.php

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/des-residus-potentiellement-toxiques-dans-des-tampons_19375

Etude de l’université de La Plata, Argentine (c’est en espagnol) : http://www.exactas.unlp.edu.ar/articulo/2015/10/21/encuentran_glifosato_en_algodon__gasas__hisopos__toallitas_y_tampones

La pétition ayant atteint plus de 259 000 signatures pour que Tampax dévoile la composition de ses tampons : https://www.change.org/p/rendre-visible-la-composition-des-tampons-et-serviettes-hygièniques